Lundi 8 décembre 2008
A Cenon,
Date inconnue.

Mon Cher Paul,

       Nous y sommes parvenus. Nous achevons la création de notre Blandine imaginaire empreinte de touches de réalité. Notre nouveau-né qu’on a voulu soigner autant que possible, qu’on a voulu rendre farfelu à souhait, à l’excès, semble pouvoir désormais tenir debout seul, grand, parmi la progéniture d’autres auteurs à qui nous n’avons rien à envier.

Blandine s’est afférée d’épisode en épisode. Elle a dansé, chanté, crié, rit, simplement parlé, travaillé, s’est amusée, a dormi, pris soin de son entourage, pris soin de se faire respecter, aussi. Elle a dû combattre les forces les plus mauvaises faire face aux surprises les plus inattendues. Elle a survécu à tout cela. Elle a à chaque fois rebondit pour atterrir à pied joint dans des aventures plus folles encore.  Cela l’avons-nous vraiment imaginé?
Mais tous ces récits de situations aussi probables qu’impensables auront eu à amuser et divertir la vraie Blandine, tout aussi Irrésistible. Peut-être se sera-t-elle esclaffée, étranglée de surprise, ou encore interrogée sur la véracité de certains détails. Mais nous pouvons en être sûrs, elle aura très certainement savouré cette œuvre. Peut-être lui servira-t-elle de guide, ou  lui fera-t-elle avoir en horreur le monde de l’édition…

Quoiqu’on en dise, bien que cela ait été fait dans la bonne humeur, et avec le plus grand amusement, ce recueil de nouvelles est une réelle œuvre, un ouvrage, le fruit d’heures passées à l’écriture, le fruit de notre imagination, le fruit de ce que nous a inspiré notre chère et coquine Blandine. Cela aura été un divertissement pour elle, en tout cas c’est ce que nous espérons, mais aussi pour nous.

Ecrire, noircir des pages et des pages. Déverser sur celles-ci un imaginaire qui encombre l’esprit de l’auteur. Le déverser pour qu’il se renouvelle bientôt encore et encore. Seulement, il nous faut mettre un point à cette aventure, ou plutôt, ces aventures. Il nous faut quitter ce monde illustrant ce futur hypothétique que tu m’as proposé de créer avec toi. Il nous faut laisser filer l’inspiration, pour réussir à dire au revoir à notre Irrésistible, et la confier à notre réelle et bien réelle Blandine. Et qu’elle lui plaise ou non, que cela la rassure ou ne la désappointe, Blandine Delaville s’évanouira en même temps que le livre se refermera.

Nous avons imaginé ce monde, nous avons rêvé de cet avenir, nous avons crée Blandine L’Irresisitible.

Chaleureusement,

Papillonne.
Par Pom&Papillone
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Dimanche 18 janvier 2009

Pour Ad. C.

Demain

Lors d’une nuit sans nuages ni étoiles

Traverse l’espace un berceau de lumière

En son sein sommeil l’enfant Hier

Qui s’écrase sur terre déchirant la céleste toile

Jadis, son père, et sa tendre mère Déjà

Ont du l’éloigner durant un temps incertain

En sécurité sur le globe parmi les humains

Pensant le sauver de la menace ici bas

En effet, les Passé, la famille du petit Hier

Ont peur de ce que pourrait faire Demain

Un parent cruel aimant les jeux et la bière

Persécutant les mauvais comme les saints

Mais que nous apporte Demain ?

Un amour, un espoir, une catastrophe

Cet oncle sème le hasard et le destin

S ‘éparpillant jusqu’au bout de ma strophe

Cependant faut-il le craindre pour autant

Toujours laisser son cœur rester en arrière

Et contempler nos souvenirs qui sont désormais derrière

Faut-il craindre la joueuse roue du temps

Remettrez vous vos vies aux tisseuses,

A ces ciseaux et cette main si hasardeuse ?

Les jeux sont faits mais les cartes sont dans vos mains

Ne soyez pas prisonnier d’Hier et n’attendez pas demain

Vivez dès maintenant cet exquis moment présent

Avec vos souvenirs et votre avenir prenez cette terre qui est mienne

Vivez jusqu’à voir ce qu’il y a au bout du ciel et des ans

Que votre vie ne soit qu’une hymne, un carpe diem

PN’

23/12/08
Par Pom&Papillone - Publié dans : Naissance au crépuscule
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Mercredi 21 janvier 2009

« Mamie. Comment vous êtes vous rencontrez papi et toi ?

- Ah…à un bal. Tu sais on était tous les deux des enfants de paysans, et on travaillait dans des familles différentes. Lui il faisait les jardins, et moi je faisais des ménages. »

 

 

Le 28 octobre 1996,

 juste au dessus de toi.

 

Ma Petite Emeline,

 

 

Voici près de six mois que je vous ai quitté, toi, ta maman, ta grand-mère, et tout le reste de la famille. Nous le savions tous, nous savions tous que j’allais m’en aller. J’étais encore jeune, mais malade, atteint du cancer de la prostate. Ta maman ne te l’a pas caché, ni à toi, ni à ton frère. Vous êtes encore tous deux petits, c’est peut-être pour cela qu’elle vous l’a dit, pensant que vous ne comprendriez pas, pensant, que trop jeunes, vous ne vous rendriez pas compte de l’importance qu’on accorde à la maladie et à la mort.  On en accorde trop. On a trop peur de la mort, on l’appréhende trop, mais peut-être, ne l’ai-je pas assez crainte. J’ai continué à fumer et à boire mon Martini en apéritif, entre autres. Je sais, ce sont de vilains défauts que je n’ai pas essayé de corriger. Mais ils font parti de moi, et par conséquent, font de moi, faisaient de moi, un homme difficile.

 

« Ah je pourrais te montrer le trou qu’il a fait dans la table avec le couteau, me dit mamie. »

 

Cependant auprès de toi, et de mes autres petits enfants, je me sentais être un bon grand-père. En tout cas, je vous ai aimé très fort, et vous aime encore beaucoup. Je ressens pour vous une si grande tendresse… ! J’avais besoin de rattraper ma rudesse envers mes enfants auprès de vous, les enfants de mes enfants. Vous êtes si beaux avec vos petits visages tous ronds, vos petites mains, et pieds encore potelés. Eh toi  Ma Saloperie, fillette pleine de malice, quelle chipie tu fais ! J’ai l’impression de revoir ta mère. Tu ressembles à ton père, bien que tu aies gardé mes yeux, et la bouche de ta mère, mais tu as son caractère. Tu sauras te débrouiller ! Ta maman a beaucoup de cran. A 15 ans, elle m’a souvent tenu tête alors que j’avais trop bu, alors que j’étais dans une colère folle. Elle a toujours défendu son frère, avec ta grand-mère, mais c’est toujours ta maman qui m’a dissuadé de continuer à le tourmenter, pour la journée. Elles auraient dû me laisser faire. Il m’aurait peut-être détesté, méprisé mais il se serait sûrement battu pour me donner tort, pour se débrouiller seul, pour devenir un homme qui agit, et non qui subit, ou qui profite. Ta grand-mère est trop bonne. Elle l’est trop avec ton oncle, et  l’a trop été avec moi, surtout avec moi. Et j’en ai profité, pour elle aussi, la malmener. Je lui ai souvent mal parlé, en fait, j’ai souvent trop bu. Mais je l’ai beaucoup aimé, j’ai également encore beaucoup de tendresse pour elle, seulement, je ne suis plus auprès d’elle pour la lui témoigner. J’ai énormément d’estime pour ta grand-mère, pour mon épouse, qui malgré mes sautes d’humeur, est restée auprès de moi, m’a supporté, et m’a respecté ; aimé aussi, un amour que je n’ai pas su cultiver. Elle est restée à mes côtés alors que je mourais, alors que je diminuais, alors que je me consumais, la cigarette s’échappant de mes doigts trop faibles pour la serrer. Elle a supporté me voir m’affaiblir, elle a supporté mon image, mon apparence de fantôme, mon souffle bruyant, mon odeur de malade. Je me suis bien rendu compte qu’elle m’a toujours supporté et accepté, donc, oui c’est sûr, elle m’a aimé.

 

Désormais il ne vous reste plus que des souvenirs. Les bons et mauvais moments passés ensemble. Les Noël et anniversaires vécus avec si bonne humeur. Comme tu aimes te déguiser ! Quels spectacles tu nous as offert avec ton déguisement de clown, et ta trompette tonitruante, celui de sirène, et tant d’autres ! C’est surprenant de te voir parfois calme, et parfois si excitée, enjouée, pleine de vie. Garde cette joie en toi, cet entrain, cela te va si bien.

 

Ces derniers temps, d’où je suis, je ne t’ai pas vu toujours gaie. Tu as beaucoup pleuré. Tu as beaucoup pleuré pour ma mort ou pour la tristesse de ta maman. Vous m’avez toutes touché. Toi aussi tu as du cran, je t’ai vu venir jeter un coup d’œil dans la chambre, sur le lit où je reposais habillé et maquillé avant d’être installé dans un cercueil. Les croque-morts m’ont fait un teint horriblement pâle et jaune. Cela t’a marqué, peut-être même choqué. Je sais pourquoi tu as fait ça. Tu voulais montrer à tes grands cousins que toi, petite fille de huit ans tu avais le courage de venir me voir, moi, ou plutôt mon corps sans vie. Merci. Mais ne t’en fais pas, j’ai ressenti pendant que je vivais, ou lors de l’enterrement, et au fil du temps, en vous observant d’ici, qui m’aimait ou m’avait réellement aimé.

 

Tu étais inconsolable durant la cérémonie. La famille en était presque irritée, mais tu avais tout à fait le droit de pleurer, tout comme ta maman, tout comme ta grand-mère, tout comme les autres. Je ne sais pas si je valais tant de larmes mais elles me touchent profondément. Ainsi, tous les soirs, quelle peine ai-je ressenti en te voyant pleurer dans ton lit avant de t’endormir, en pensant à moi ! Merci. Moi aussi je t’aime très fort. Crois-moi, s’il se pouvait que nous nous rencontrions sur Terre, que nous nous croisions, je te reconnaîtrais, et ne te regarderais pas avec le regard si dur que tu as vu sur le visage de cet homme qui a habité ton rêve, ton mauvais rêve. Il me ressemblait étrangement, mais tu as su comprendre qu’il ne s’agissait pas de moi. Je ne t’aurais pas évité, je ne t’aurais pas regardé avec tant de sévérité, non, je t’aurais prise dans mes bras comme sur la photo que ta maman a rangé dans la boîte où elle rassemble beaucoup d’autres souvenirs. Je suis sûr que tu la retrouveras.  

 

Plusieurs mois sont passés, et je suis apaisé de constater que les soirs durant lesquels tu pleures sont de plus en plus espacés. Comment expliquer cette tristesse alors que nous n’avons pas eu le temps de vraiment nous connaître ? Tu verras, au fur et à mesure tu prendras conscience de mes défauts, de ceux dont je t’ai parlé plus haut. Ta grand-mère et ta maman en parleront, c’est sûr, et tout comme elles ne t’ont pas caché ma maladie, elles ne baisseront pas non plus la voix pour dire que j’étais parfois terrible. J’espère seulement qu’elles ne retiendront pas que cela.

 

« Oui mais il avait bien des qualités quand même non ? Pourquoi tu l’aimais ?

- Oui bien sûr. Tu sais, ton grand-père était très droit. Il faisait les choses bien. Il était consciencieux dans ce qu’il faisait, et courageux. Il n’était pas fainéant. Il était vaillant, oui. C’est ce que j’admirais beaucoup chez lui. »

 

Nous ne nous connaissons pas beaucoup Ma Grande mais je te regarderai grandir, comme si je veillais sur toi, et tu apprendras à me connaître au fur et à mesure, quand les langues se délieront à mon sujet, petit à petit.

 

Ma Petite Emeline, je tenais à t’écrire cette lettre pour témoigner de mon passage sur cette boule bleue, ainsi que de mon absence, et surtout de mon amour, de l’existence de mon cœur qui a été, et qui perdure, j’en suis sûr en chacun de vous, en mes enfants, et mes petits enfants. A toi j’écris cette lettre car, aussi étrange qu’elle puisse paraître et qu’elle apparaîtra, je te crois capable de comprendre en la possibilité de son existence, et tu as et auras assez de sensibilité, mais pas trop de raison pour ne pas trouver cette lettre insensée. Elle te parviendra par la poste, un jour, dans plusieurs années pour que tu puisses comprendre chacun de mes mots et chacune de mes insinuations.

 

« Excusez moi mesdames, oh je suis vraiment confuse, mais pouvez-vous me dire quel jour on est ? demande encore une fois la voisine, la si gentille voisine, qui perd aujourd’hui la tête.

-          On est vendredi 21 avril 2006, vendredi 21, répond et répète mamie.

-          Vendredi 21, d’accord, merci beaucoup, excusez-moi encore… »

 

Enfin, souviens-toi que je ne suis pas très loin, ou plutôt, disons, pas si loin. Souviens-toi que je resterai attentif à ta vie, à vos vies. Rappelle-toi du jour de l’enterrement, au déjeuner. Vous étiez tous à table dans la véranda à discuter, de bon cœur, lorsque la porte de la chambre s’est ouverte, en grinçant légèrement. Soudain le silence s’est installé, et je crois que c’est ton oncle Régis, mon beau fils, qui a prétendu qu’il s’agissait de mon fantôme, avec une pointe d’humour. Un peu mal à l’aise, vous avez tout de même tous souri et approuvé comme par soulagement. Ta petite cousine Hélène, a alors demandé où j’étais, ses parents lui ont dit « au ciel ». La petite n’était pas sûre de comprendre, mais toi, tu as compris que j’étais tout simplement et bêtement mort, et que je ne reviendrai pas, du moins, pas physiquement.  Eh bien, lors de ce déjeuner, vous aviez tous compris. J’étais parti mais ce n’était pas si grave, après tout j’étais un peu je m’enfoutiste et prenais les choses à la légère, avec humour. C’est dans cet esprit que vous avez déjeuné ensemble, même si vous essayiez de ravaler vos larmes. Et ma forte personnalité, mon fort caractère, seraient toujours là, soit en vous, soit dans l’odeur de la maison,  celle-ci également empreinte de ma malice.

 

Désormais, je peux te dire au revoir Ma Grande. Et merci, de tout ton amour. Il valait bien ces quelques lignes, ces quelques explications, sur ton papi.

 

Je t’embrasse bien fort.

 

 

Papi Jean.

 

 

« Je me souviens au bal, sa façon de me serrer tout contre lui, sourit et se souvient mamie. »


C.R. Papillonne. 

Par Pom&Papillone - Publié dans : divers
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Mercredi 21 janvier 2009

Un tourbillon de vie.

 

Tu étais un tourbillon,

Tu ne supportais pas de tourner en rond,

Il fallait aller vite,

Se débarrasser,

Et attaquer un autre projet.

 

Pleine de générosité,

Tu nous as beaucoup aidés.

Une vie passée à te sacrifier,

Et une fin que tu n’as pas méritée.

 

Nous avons beaucoup partagé,

Fêtes, repas, voyages, et rires

Tu nous as beaucoup amusés,

Foule de souvenirs.

 

Avec toi, nous nous sommes chamaillés

Mais aussi aimés.

Avec toi nous avons partagé,

Avec toi nous avons avancé.

 

Tâches, quotidien, maladie,

Ensemble nous les avons affrontés,

Mais comme tu nous l’as souvent dit,

S’il faut souffrir, autant partir.

C.R. Papillonne

Par Pom&Papillone - Publié dans : poésie
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Mercredi 21 janvier 2009

Clair de lune

 

 

Une nuit d’hiver, deux petits animaux, un lapin et un oiseau, discutaient dehors, dans le froid, sur la neige. Ils se croyaient à l’abri de la lune qui, à chaque fois, dispute les animaux car, tard le soir, les deux compagnons sont souvent éveillés dehors, au froid. La lune est une dame très gentille et que l’on voit tout le temps dans le ciel si on lève la tête et si les nuages ou le brouillard ne la cachent pas. Cette dame est aussi embêtante car elle gronde ceux qui ne dorment pas quand il fait noir. Elle gronde ceux qui sont à l’extérieur de leur maison le soir. Mais c’est pour leur bien parce qu’ils peuvent devenir malades en restant sur la neige. Et les autres qui s’endorment trop tard ? Ils seront fatigués le lendemain.

 

Cette nuit là, la lune se parla de la façon suivant : « Quelle nuit noire ! » Tout d’un coup, elle vit le lapin et l’oiseau puis s’exclama : « Oh ! Vous ne dormez pas encore ? Le lapin dérangé demanda :

-          Nous ?

La lune ronde fit :

-          Oui !

-          Euh, on y allait, bégaya l’oiseau.

-          Alors partez, allez oust ! gronda-t-elle. »

Le lapin partit tout triste au point de verser des larmes. L’oiseau, lui, s’en alla en ronchonnant. Une fois couché, le triste animal gémit entre deux larmes : «  Je te l’avais bien dit que cet endroit n’était pas bien pour discuter.

-          Rh, oh toi ! Rh, répondit l’oiseau.

-          Dors au lieu de ronchonner, on en reparlera demain, finit l’animal aux longues oreilles.

-          Je n’ai pas sommeil, termina le volatile ».

 

La lune parlait avec les étoiles. La gentille lune commença : «  Je les aimes bien ces deux compagnons là. C’est pour cela que je les gronde, car je tiens à eux.

-          Oui mais ils ne le comprennent pas, c’est pour ça qu’ils font des bêtises, rétorqua une étoile.

-          C’est vrai qu’ils sont mignons. Et c’est rare que deux animaux s’aiment comme ça, car le lapin pourrait poursuivre l’oiseau pour le dévorer. Mais non, ils discutent entre eux, ils partagent leurs pensées, leurs émotions…, fit une autre étoile. »

Et pour dernière parole de mon histoire, la lune toute scintillante termina : « Oui, ils s’entendent bien et je les aime beaucoup, c’est pour cela que je veille sur eux. »


C.R. Papillonne.

Par Pom&Papillone - Publié dans : contes
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