Vendredi 21 novembre 2008

Des garçons


-3-

 D.  a de belles dents, un joli sourire, une peau douce et soignée, des cheveux propres qui sentent bons. Il est grand, un corps dessiné, il fait attention à sa ligne et son maintient. Sa vie est un défilé rempli de marches complexes, de peur que les regards ne tombent pas sur lui et de crainte de trébucher.

D. vous aime pour ce que vous êtes, uniquement pour ce que vous êtes,  c'est à dire un corps, rien de plus, rien de moins. Oh bien sur s'il trouve mieux chez autrui il vous aimera beaucoup moins.

D. s'ennivre du regard des autres et des eaux de toilette. Il prend du temps pour rester avec vous autant que pour rester devant sa garde de robe l'air dubitatif sur une question existencielle: le rouge ou le noir?

C'est une personne attachante et souriante, un peu comme dans une publicité vantant les mérite d'une créme de beauté dont il use et abuse.

Dites lui qu'il est beau, il vous dira "je t'aime", un autre après vous lui dit qu'il est un apollon, il vous quitte.


-8-

 Vous rentrez dans cet établissement à la lumière tamisée, la décoration stylisée, le barman blond platiné. Vous êtes jeune, vous êtes frais, et parmi les coussins pourpres, le mobilier stylisé et agencer tous les regards se braquent,se fixent sur vous, il vous convoite dissimulant à peine la bave coulant du coin de leurs lèvres maquillées.


Vous me dites S., qu'en ce temps, vous aviez la désagréable impression d'être comme un poisson étalé au marché à la merci de tous les requins.


Le temps passent.


Mais S. vous continuez à fréquenter cet établissement que vous décriez tellement? Au final ne seriez vous pas plutôt comme un poisson dans l'eau?



De l'université


-10-

Vous citez Voltaire, vous placez un peu de Flaubert, vous sortez de La Bruyère et un soupçon de Molière.

A cela rajoutez une poignée de Kafka, un zest de Zola et cent gramme de Maupassant émincé de Balzac.

Remuez votre propos en versant un peu de Freud, un doigt de Barthes et versez les Montaigne.

Laissez cuire mais pas trop. A la fin veillez à saupoudrez de Proust pour donner du goût.

Et ainsi M. dans toute cette foule d'ingrédient, une question me brûle les lèvres, dans votre insipide soupe, mais où êtes vous?


-12-

On apprennez dans les écoles La Cigale et la Fourmi, des fables pour éduquer notre morale, sculptez notre conscience, devinez où est le bien du mal, ce que l'on doit être ou ne pas être, telle était la question.

Mais lorsque l'on voit ce que sont devenus ces charmant bambins qui vous récitez sagement leur poésie en détachant bien leur vers, et bien déchantez maintenant.

Moi ça à tendance à me donner plutôt le cafard.


PN. POm'






Par Pom&Papillone - Publié dans : Les petits caractères
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Mardi 25 novembre 2008
Entre ciel et et terre

Bataille au fond des cieux
Les anges en perdent leurs plumes
les colombes de la Liberté fument
Dans un fracas de tonnerre du feu de Dieu

Que se passe-t-il en Terre de Sainteté
Là haut par delà les nuages
là où résident nos plus illustres sages
là où un repos bien mérité nous ait accordé?

Une histoire de coeur?une querelle?
Des problèmes de moeurs?La perte d'une pucelle?
Par tous les seigneurs, les apôtres remuent ciel et terre
Pour une broutille pas plus grosse qu'une poussière

On a égaré la clé de Saint Pierre
ET pour ce pêché chacun s'accuse
"Il nous faut au plus vite un bouc émissaire
Pour rétablir l'ordre, la prospérité de nos Muses"

Que l'on soit humain ou Gabriel
Que l'on soit mortel ou que l'on porte des ailes
IL n'y a aucune différence quand une faute a été commise
Tous se comportent avec lâcheté, hypocrésie et bêtise.

PN POm'
Par Pom&Papillone - Publié dans : Naissance au crépuscule
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Lundi 8 décembre 2008
Blandine l’irrésistible
Episode 9

«  Tout le plaisir a été pour moi »

(1ère partie)



             Il y a des situations dans la vie qui nous angoissent, nous font peur, nous énervent. Des moments que l’on imagine dans ses pires cauchemars. On se dit que dans pareil événement on partira en courant. Se retrouver face à des serpents et autres bestioles, affronter ses peurs, être perdu dans un lieu obscur…Mais pour Blandine Delaville s’être retrouvée bloquée dans un ascenseur avec un grincheux, avoir affronté une mauvaise grippe,  avoir eu sa voisine enceinte sur son paillasson et en avoir vu son tailleur ravagé…bref sérieusement la jeune femme ne voit pas ce qui peut lui arriver d’autre ou de pire…
En ce mardi huit Mai, Write&love est à un rythme ralenti. La grande maison d’édition en verre n’est pas ouverte au public, pas de concierge, réceptionniste ou autre personnel d’entretien, pas de Bigtoss. Cependant quelques membres, les plus courageux ou les plus en retard dans leur travaux, ont profité de ce jour férié pour faire des heures sup’ au bureau. Il est 18h40, on a remis les clés à Jean-Baptiste Defiertémasson, une personne belle par le physique, mais très arrogante, bras droit de Bigtoss et accessoirement son beau fils. Ce bellâtre a reçu pour charge de fermer l’entreprise en l’absence de concierge. C’est ce qu’il a fait et cela d’une manière remarquable et dans un souci du détail très professionnel. Ainsi à 19h05, tout Write&love s’éteint sans aucune issue possible. Mais revenons un peu en arrière, après tout je suis le narrateur donc je fais ce que je veux ! Revenons à l’heure précise de 18h40 et remontons les couloirs ensemble. On y croise Karine Dubois qui descend, c’est une jeune stagiaire un peu tête en l’air. Sortant des toilettes la volcanique et ténébreuse Amandine Reicrem, s’apprête elle aussi à quitter l’établissement. Enfin on croise descendant les escaliers à toute vitesse, la timide secrétaire de gestion que Blandine adore taquiner. Stéphanie Rachoub est si pressée qu’elle en laisse tomber le dernier recueil de poésie de Paul Revenu : Naissance au crépuscule. Enfin tout semble vide, mais j’entends un bruit au cinquième étage. Qui trouvons nous dans le bureau de gauche décoré à coup de couleurs chaleureuses ? Oui, Blandine Delaville finit consciencieusement son travail pour partir l’esprit libéré. De toute façon il n’est que 19h00 et la maison d’édition ferme habituellement ses portes vers 19h30. Notre héroïne plie  donc tranquillement bagage et au détour d’un couloir elle aperçoit une ombre plantureuse et sulfureuse qu’elle reconnaîtrait parmi mille. Une ombre qui respire la blondeur et qui s’écrit d’une voix aigue :
« Oh Blandine, qu’est ce que tu fais là ???
-Non Héloïse c’est à moi de te demander ça, moi ça paraît normal que je sois là, toi beaucoup moins, rétorque Blandine.
-Oh ce que tu peux être rabat joie, à ton avis ça ne se voit pas, je travaille !
-En effet ça ne se voit pas, tac o tac Blandine.
- Pffff, fait la siliconé dans un mouvement de tête, et toi alors ?
-Moi et bien j’ai profité de cette journée calme pour finir de translater en anglais un ouvrage de méthode française : Méthodes pour un bon commentaire pour le baccalauréat (avec les conditions sine qua non), d’un professeur assez reconnu dans le milieu. Je ne te donne pas le nom, ça sert à rien t’as jamais dû ouvrir un livre de français de ta vie.
-Oh arrête, dis toujours.
-Chatennait, annonce Blandine fièrement.
-C’est pas une marque de pneu ça ?répond la blonde.
-Voilà qu’est ce que je disais tu m’as fait gâcher trois syllabes.
-Trois syllabes reprend Héloïse crédule, je comprend pas… euh moi je travaille sur un dossier d’une jeune auteure sabine Sebeauquont, mais c’est nul à chier.
-Ah bah on ne reçoit que les dossiers pour lesquels on est fait ma grande.
-Oh mais Blandine pourquoi toujours être agressive avec moi soyons amies plut…

A ce moment là toutes les lumières s’éteignent dans leur intégralité. Plus aucune ne répond aux interrupteurs.
-Tiens bizarre une panne d’électricité ? s’interroge Héloïse
I-ls n’ont pas déjà fermé quand même il est à peine 19h, c’est impossible, dit à haute voix Blandine.
-Oh mais c’est quoi encore ce truc, pourquoi je suis venue aujourd’hui moi. ?
-Cela on se le demande tous Héloïse.

Cette dernière ne répond que par un sourire forcé que Blandine ne distingue pas dans l’obscurité.

-Alors comment rejoindre la sortie sans se tordre une cheville et se prendre un mur ? pense tout haut Blandine. C’est sûr c’est pas l’intelligence d’Héloïse qui va nous illuminer.
-Oh c’est bon oh, c’est ma fête ou quoi ?
-Non rassure toi ce jour là je reste couchée dans mon lit sous ma couverture. Et je ne voudrais pas gâcher le sourire niais de ton assistante qui te le souhaite en premier et s’en fait une joie, je sais plus son prénom là
Ah oui la gourde, Fanie St Pelierre.
- oh elle est …gentille.
-Ouais tu m’étonnes, tu te fais offrir un croissant et un café tous les matins par elle.
-Ohh grande jalouse va, c’est ça en faite t’es jalouse de moi
-Oui, oui jalouse de toi et surtout de ton quotient intellectuel. Bon mon sac à main, j’ai toujours une mini lampe sur moi.
-« Hola qui va là inspecteur gadget, c’est quoi que voilà….houhou »
D’un regard médusé Blandine s’arrête de chercher et murmure un «  oui jalouse de ton intelligence », puis reprend ses recherches pour enfin trouver sa lampe que son loulou lui avait offerte en cas de besoin. C’est ainsi que les deux femmes descendent prudemment les étages un par un pour arriver dans le hall d’entrée clos. Tout est fermé, système de sécurité enclenché, impossible de sortir par là. A ce moment précis Blandine revient sur ses propos…être coincée durant tout une nuit avec Héloïse Dumachais, ça c’est le pire !
« Olalalala qu’est ce qu’on va faire Blandine, ça va pas être une partie de plaisir pour sortir de là.
-Ne t’inquiète pas, répond avec un rictus la jeune femme, j’ai bien peur que tout le plaisir soit pour moi. »


Pom' PN
Par Pom&Papillone - Publié dans : Blandine l'irrésistible
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Lundi 8 décembre 2008
Blandine L’Irrésistible
Episode 10
« L’Histoire sans fin »


      Le temps, il court, il file, il coule entre nos mains. Rien ne l’arrête, ne le freine, ne le bloque. Il n’épargne rien ni personne. Pourtant quelqu’un a su le dompter, pour toujours rester le même et n’avancer  pour ne changer qu’en bien et en mieux.

      Il pleut depuis cinq jours, mais ceci n’atteint pas le moral de Blandine qui astique et récure son appartement. Aujourd’hui on est dimanche, toute trace, marque doit disparaître. Chaque grain de poussière doit être éradiqué. Vaisselle, vitres, tapis, carrelage, tout doit être impeccable. La fée du logis est à la recherche de la moindre anormalité. Le plus dur est de retrouver tous les vêtements de Yann  qu’il sème un peu partout en pensant peut être que ça va pousser. La dernière fois elle a même trouvé une chaussette dans le micro-onde. Mais aujourd’hui, Blandine fait une étrange découverte, derrière l’armoire, soigneusement coincé, un DVD pornographique mettant en scène des lesbiennes sur la couverture. Et à ce moment là on entend un :   «Yaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan !
-Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, répond le nommé qui finit par arriver dans le salon en traînant les pieds. »
Blandine se redresse, fait un quart de tour, montre le boîtier qu’elle tient entre deux doigts comme si c’était un slip sale de son cher et tendre, et demande : « Qu’est-ce que c’est que ça ?
-On dirait un DVD à première vue, ma Louloute. Il est plein de poussière, c’est étonnant, je croyais que tu faisais le ménage…
-Il est plein de poussière parce que je l’ai trouvé derrière l’armoire vois-tu. Alors que normalement les DVD sont tous rangés dans l’ordre alphabétique du nom de leur réalisateur, dans l’armoire, et non pas derrière.  Et j’ajouterais que normalement, mais enfin ça c’est toi qui va me le préciser, on n’a pas ce genre de film à la maison. »
Blandine s’avance alors avec le boîtier vers son compagnon pour qu’il puisse mieux comprendre. A la vue de la couverture ses yeux font comme un sursaut qui le fait reculer. Il commence alors à nier toute implication personnelle dans cette histoire en hochant la tête : « Ah mais moi j’y suis pour rien, je ne sais pas ce que ça fait là. Moi je t’aime, je n’aime que toi, je ne vais pas aller voir ailleurs. Nous n’avons pas besoin de ça pour prendre du plaisir. Et tu le sais aussi bien que moi, ma Chérie, se vente-t-il.
-Admettons. Mais n’est-ce pas toi qui as toujours été attiré par les trucs à trois ? Ne m’as-tu jamais demandé d’inclure quelqu’un. Et n’était-ce pas une femme que tu voulais inclure en plus ? Et n’ose pas me dire que tu pensais à un homme ! »
Yann tombe à la renverse sur le canapé sous le poids de ces indéniables arguments. L’esprit brouillé, les idées qui s’entrechoquent, il essaie de remettre tout ça à l’endroit. Il réfléchit convaincu qu’il y a une explication à la découverte de ce DVD pornographique. Blandine l’attend, les mains sur les hanches, le boîtier toujours entre le pouce et l’index.
« Mais dis-moi, la voisine du dessus qui est venue le mois dernier. Elle était surexcitée au repas. C’est une provocatrice. Tu te souviens, elle nous a bien détaillé sa vie sexuelle avec ses nombreuses copines… tu ne crois pas qu’elle aurait pu nous laisser ce cadeau en souvenir ? Propose Yann, le regard sombre. »
-Mouais fait la ménagère à demi convaincue, entre nous je te rappelle que ce dîner c’est toi qui l’as organisé, pas de ma faute si elle s’est révélée nympho, comment elle s’appelait déjà ? Médélise je crois, non ?
-Euh ouais, répond Yann toujours un peu sur ses gardes.
-Et c’est cette Médelise  qui serait allée placé ce DVD derrière l’armoire d’après toi ?
-Baaaaaaaaaaaah euh, elle était bizarre quand même, hein chérie ? réplique Yann d’un air tout sauf convainquant.
-Oui enfin bizarre mais elle avait pas de DVD planquée dans sa mini jupe d’après mes souvenirs. On en revient à la question initiale ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?
-Oulah  ça fait plus d’une question ça…
-Et n’essaie pas de gagner du temps !!!
-Bon, bon je vais tout te dire…alors c’est un pote…
-QUI ?
-Bah laisse moi finir Louloute. Bon alors c’est un pote…oui, oui je vais te le dire…un pote du boulot… qui me l’a prêté car il voulait que je vois un truc dessus…
-QUOI dessus ?
-Bah euuuuuh une fille, fait Yann gêné, mais je te rassure elle a rien d’extraordinaire…surtout par rapport à toi mon bébé. Et puis voilà je dois lui rendre la semaine prochaine et comme je savais que tu allais mal le prendre j’ai préféré le cacher. Tu vois j’ai eu raison ?
-Ah les meeeeeeeeecs j’te jure tous les mêmes vous pensez qu’avec votre… allez c’est bon c’est bon, oust, dehors, j’ai du ménage moi.

     Et lorsque Yann s’éloigne, on entend(s) un « t’oublis pas quelque chose ? » et un  « bam » dans le dos du jeune homme. Le DVD glisse le long de son dos et tombe à terre. « Euh merci ma chérie, hehe » c’est la seule chose que Yann ait trouvé à répondre.  A vrai dire Blandine n’attendait pas vraiment de réponse de sa part et préféra passer ses nerfs sur le sol.

    Seize heures de l’après midi, il pleut toujours. Les vitres sont pourtant lumineuses de propreté, le carrelage vient d’être sinsé, au niveau de la cuisine il ne reste à notre cendrillon plus qu’à nettoyer à fond le réfrigérateur. Pour cela il faut le déplacer. Ni une ni deux « ho hisse », Blandine pousse de toutes ses forces. On entend alors le bruit d’une boîte qui tombe. Elle se penche et ramasse l’objet rectangulaire. « Oooh !!! », cette fois-ci il n’allait pas s’en tirer comme ça :
« Yannnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn !
-Nooooon, tente de répondre l'interessé.
-Ramène tes fesses ici, je te prie. » Toujours en traînant des pieds, Yann s’approche et reste sur le seuil de la cuisine.
- Qu’as-tu trouvé cette fois, soupire-t-il assez confiant.
-Oh ben tiens regarde, un nouveau boîtier, un nouveau DVD. Il va donc me falloir de nouvelles explications, et, tu ne sais pas ? Il m’en faut des bonnes, car je ne sais pas si tu l’as remarqué mais je suis bien remontée là.
-Ca c’est bon je l’avait compris. Montre-moi ce que c’est celui-là. »
D’un geste vif, Blandine tend le boîtier et profite de ses mains libres pour croiser les bras. Seul un chiffon, à poussière pend d’une de ses mains.
« Alors voyons un peu ça, commence Yann.
-Tu sais que ça ne sert à rien de gagner du temps « mon chéri ».
-Hum-hum. Dis moi « ma chérie » est-ce que tu as regardé la couverture du DVD, ce que c’était ?
-Euh…, répond-elle, le visage en train de se défaire, mais je n’ai pas besoin parce que je sais ce que c’est, ne me prends pas pour une idiote.
-Alors regarde, et Yann lui colle la couverture sous le nez, Blanche Neige et lesSept Nains, et c’est pas précisé que c’est interdit aux moins de dix-huit ans.
-Montre-moi ça, fait la fée du logis décontenancée, en lui arrachant l’objet de la dispute. Mais explique-moi un peu comment ça s’est retrouvé là, derrière le frigo. J’écoute, j’attends. Alors ça vient ? C’est tout ce que tu as à me dire, ajoute et continue-t-elle empêchant Yann d’ajouter quoi que ce soit pour mieux prouver la méprise de sa belle.
-Bon écoute Blandine calme-toi. Ce n’est pas grave si tu t’es trompée. Ca peutarriver à tout le monde, mais il faut l’accepter.
-Je veux savoir le pourquoi du comment de la présence de ce DVD suspect derrière mon frigo, s’entête-t-elle.
-Oui, alors déjà, c’est notre frigo, hein, et ensuite, moi je ne vois qu’une explication. Tu sais que de temps en temps on a la grande chance de garder les enfants de Mme Grubaski…
-Ah bravo Yann, c’est cela même, rejetons la faute sur des enfants ! Mais tu terends compte des enfants de cinq ans ! C’est petit ça, c’est petit !
-Attends, corrige-moi si je me trompe, mais ne sont-ils pas accro aux films de Disney ? Tu te souviens bien qu’à chaque fois qu’ils viennent ils apportent leurs DVD. On sait combien ils peuvent être turbulents, alors c’est fort possible que l’un d’eux ait réussi à coincer ça derrière notre frigo. »

Sur ces dernières paroles, Yann se lève, dépose un baiser dans les cheveux de sa fiancée, et retourne dans le bureau-multimédia. Blandine l’observe partir, le regard soupçonneux. Une fois qu’elle l’entend refermer la porte du bureau, elle se rue dans le salon, ouvre le boîtier, prend le disque, et le met dans le lecteur, tellement certaine qu’il s’agit d’un leurre. Soudain la musique retentit, très forte, la détective se jette alors sur la télécommande pour baisser le son au plus vite et ne pas attirer l’attention du suspecté. Les premières images du film si bien connu de tous apparaissent. Mais cela ne suffit pas, elle passe de chapitre en chapitre et guette l’anomalie. Il n’y en a aucune. Ce DVD est celui d’un dessin animé de Disney.

Coupable. Elle se sent très coupable. Discrètement, elle se glisse dans le bureau et embrasse doucement l’utilisateur de l’ordinateur dans le cou. Celui-ci l’accepte volontiers. Le couple s’enlace et profite de l’accalmie pour partager cet instant de tendresse. La fée du logis ainsi rechargée en énergie et amour, retourne à ses poussières, et progresse dans l’appartement, plus légère. De la même façon ses pensées dansent dans son esprit, et la mènent à décider quel repas, avec quelles bougies, elle prépara à son Loulou. Enfin Blandine arrive à la fin de sa mission « ménage ». Elle arrive au lit. Elle garde toujours le rangement du dessous du lit pour la fin. C’est ce qui lui demande toujours le plus de travail. Mais aujourd’hui comme elle fait le ménage à fond, elle fait aussi le dessus, l’intérieur, tout. Le matelas enlevé, elle découvre joint aux lattes, un boîtier, du format d’un DVD. Un couple, on ne sait pas vraiment de quelle nature, dans une position plus que particulière en fait la couverture.
« Yaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan ! »

Papillonne et Pom' CR&PN
Par Pom&Papillone
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Lundi 8 décembre 2008
Blandine l’irrésistible
Episode 11
« Tout le plaisir a été pour nous »


        Les amis, dès notre plus tendre enfance on s’en crée, parfois imaginaire et très vite bien en chair. C’est à la fois une joie et un calvaire pour nos parents durant toute  cette période de Saint Innocence. Mais comme le bien, le mal, le blanc et le noir, qui dit ami, dit ennemi. Ce n’est pas qu’on ne les aime pas, mais rien que le fait de les entendre nous agace et nous provoque de l’urticaire. Certains pensent : connais tes ennemis pour cerner tes amis. Moi je connais quelqu’un qui ce soir en a de la chance, elle va avoir beaucoup de temps pour mieux connaître celle qu’elle supporte le moins parmi toutes celles sur Terre, elle nous donnera la réponse…si sa en vaut le coup.
Dans une obscurité totale on entend soudain un « Aïe ! Qui a laissé cette chaise ici ?
-C’est toi Blandine ? Demande une petite voix fluette et mal assurée.
-Qui veux-tu que ça soit, il n’y a personne d’autre ici. Réfléchis un peu  même si c’est dur. Bon j’ai vérifié les issues de secours, fermées ! Preuve que ce sont de bonnes issues de secours. Il en va de même pour l’accès aux salles les plus « intéressantes », genre le bureau de Bigtoss. J’ai pas réussi à trouver le compteur, toute façon je sais à peine changer une ampoule donc rétablir le courant n’en parlons pas. En tout cas le système de sécurité fonctionne à merveille tout est blindé, sécurisé, informatisé, numérisé bref tous les trucs en « -sé » et moi je suis épuisée. J’ai plus d’idée. Portable… batterie vide et toi t’as pas le tien évidemment.
-Toi plus d’idée va falloir noter ce jour sur le calendrier, rétorque Héloïse, en toutcas je trouve que tu en as mis du temps. J’ai cru que t’étais partie sans moi.
-Elle le fait exprès c’est pas possible murmure Blandine, Héloïse, reprend la belle à voix haute, pour faire tout ça dans le noir le plus complet, il me faut plus de cinq minutes, désolé de t’avoir inquiété.
-Oh c’est rien annonce nonchalamment la blonde. On ne voit pas dans l’obscurité la tête de Blandine à l’écoute de cette réponse mais on la devine facilement. Mais dis- moi reprend Héloïse, si le système de sécurité fonctionne, autant péter une vitre pour le déclencher et la police viendra, tu vois j’ai des idées.
-Oui à une chose près, déjà faut les péter les vitres c’est  plus que du double vitrage, mais comme t’as remarqué la particularité de l’immeuble c’est qu’il est en verre d’où les rideaux blindés qui tombent à la fermeture. Donc moi je veux bien que tu casses mais tu rembourses car vu la taille des vitres…
-La vache ça coûte un max ces truc en verre en plus, je pourrais plus aller chez l’esthéticienne. Bon et sinon il y a bien un système incendie, genre on le déclenche et on aura le même résultat, avec les beaux pompiers en bonus. Tu fumes ?
-Non, et au risque de te décevoir j’ai aucune envie d’être trempée jusqu’aux os et de voir tous les travaux fichus à cause du système anti-incendie. J’en suis autant désolée que toi mais va falloir passer la nuit ici…mais je te rassure on est pas obligé(e) de dormir ensemble, limite ça me soulagerait.
-Ah bah non t’imagine sur qui on pourrait tomber ici le soir ?
-PERSONNE ! Mais il risque d’y avoir un meurtre ce soir.
-Ah tu vois toi aussi tu penses qu’il peut y avoir des rôdeurs.
-Laisse tomber annonce Blandine vaincue par la blonde attitude. Suis-moi on va trouver où aller dormir et…
-Et on mange comment et on se lave comment ?
-Stop ! A la guerre comme à la guerre, il y a une fontaine à eau à l’étage, les oilettes de nos bureaux sont disponibles et on va bien trouver des trucs à grignoter.
-Moi je fais l’amour pas la guerre, bougonne Héloïse.
-Oui ça c’est un secret pour personne, tu dois avoir le grade de général à ce niveau…

     Et les heures s’enchaînent plus rapidement qu’Héloïse le pense mais bien plus lentement comme Blandine l’imagine. La blonde se révèle sans surprise, soûlante certes, mais également un vrai moulin à paroles vivant. Les débats sur les soutiens gorges, les règles, le Kama sutra se suivent au grand damne de Blandine. Allongées sur la moquette, les deux jeunes femmes communiquent tant bien que mal, mais notre princesse a bien du mal à saisir l’énergumène devant elle. Elle aime regarder le catch où elle glorifie le poids poule Tiphaine Lecornudier, et à part ça elle n’est pas lesbienne, pense Blandine. En revanche elle valorise plus le fait de passer deux heures à l’institut de beauté plutôt que deux heures à donner son sang ce qui révolte Blandine au plus profond d’elle-même. Notre irrésistible regrette de ne pas avoir emmener son Bosquet de poche, au moins  elle aurait pu continuer à travailler à la lampe de poche sur des traductions. Et tandis qu’Héloïse continue à parler seule, venu dont ne sait où de son esprit Blandine se met à chantonner :
- « Elle descend de la matagne à cheval, elle descend de la matagne à cheval… »
- Mais qu’est ce que tu chantes, interrompt la forte poitrine qui s’ennuyait dans son monologue.
- Oh un vieux truc comme sa, rien de…
- Bon et  bien en attendant « Dodo » coupe sèchement Héloïse, sans doute vexée que Blandine n’ait pas voulu discuter avec elle.
-Godot ?
-De quoi ? sort Héloïse qui n’a pas compris.
-Becket, répond Blandine directement.
-Godot ? Becket ? Mais qu’est ce que tu baragouines ?
-Bah En attendant Godot, c’est pas ce que tu viens de me dire ?
J-’ai dit DODO, pas godet.
-Ah oui peut être, en même temps ça m’étonnait de ta part que tu puisses avoir eu une notion de culture littéraire, c’est aussi rare que de voir le patron avec dix kilos en moins.

       Héloïse ricane  bêtement sans avoir réellement compris le début de la phrase de Blandine qui est  déçue car sa pique n’a  pas marché, mais en même temps elle s’y attendait. La nuit continue son court avec quelques cris de l’une ou de l’autre, ou de l’une suite à l’autre à cause de cliquetis, gouttes d’eau ou même tout simplement du silence. Blandine ne dormit pas vraiment tout au long de la nuit et elle se disait que tout compte fait cette expérience était plutôt drôle, mieux valait  en rire, et même si Héloïse était  un peu bébête, voire coconne, elle n’était pas si méchante ou désagréable. C’est même elle qui l’avait été envers la blonde. A l’avenir elle fera plus attention, tiens demain elle lui fera des meringues et des roses des sables rien que pour elle…enfin la moitié, l’autre pour Loulou. Au final Blandine sombra dans le sommeil où elle rêva d’un asiatique qui faisait des massages gratuits dans la Tour de Londres avec une jeune fille cheveux mi-long et avec un tee-shirt « pepeese » qui criait  « RaminagroBI ! », bref un rêve que Blandine trouva stupide une fois de plus , et pour celui-ci elle avait bien raison.

    C’est Annabelle qui les réveilla en poussant un hurlement lorsqu’elle les trouveaallongées sur la moquette. La matinée qui commence à Write&love s’annonce tumultueuse. Tout le monde veut  savoir ce qui s’est passé. Mais personne n’a pris la peine d’écouter les rumeurs de Jimmy cette fois-ci. Blandine avec un peu d’eau sur le visage se prépare enfin et pour de bon à partir d’ici. Au moment où elle franchit la porte du hall de verre on entend des :
« Blaaaandine, Blandine ! Mais…Où….tu vas ? » Prononce essoufflée et décoiffée Héloïse qui arrivait en courant.
-Bah  moi je rentre, je suis de repos aujourd’hui t’as oublié dit-elle avec un sourire un peu moqueur. Bah ne t’inquiètes pas Bigtoss t’accorderas bien une ou deux heures pour te changer …quoique ? Allez moi je file, ne t’en fais pas je te prépare une petit truc pour demain tu m’en diras des nouvelles. Ciao ma grande et n’oublies pas tout le plaisir est à venir, tout le plaisir a été pour nous et surtout aujourd’hui tout le plaisir est pour TOI. »



                        Fin.

POm' PN.
























Par Pom&Papillone
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